Japan`s Posts
Tuesday, March 15, 2005
 
Ammah



Un très grand nombre d’habitants de Hong-Kong ont une femme à tout faire qui vit généralement dans la maison afin de s’occuper de la cuisine, du ménage, des enfants et de nourrir le chien. D’autres viennent une ou deux fois par semaine mais elles sont plus rares. Dans le passé, il s’agissait principalement de vieilles femmes chinoises. Elles étaient facilement reconnaissables à leurs tuniques blanches assorties de pantalons noirs, les cheveux attachés en queue de cheval et la bouche pleine de dents en or. Leurs employeurs devenaient vite leur famille. Ce temps-là est depuis révolu.

De nos jours, celles qu’on appellait les amahs, ont virtuellement disparu et cette fonction a été reléguée aux étrangers, surtout des jeunes femmes (et de plus en plus d’hommes ces dernières années) venues des Philippines, d’Indonésie, du Népal, de Thaïlande ou du Sri Lanka grâce à des visas de deux ans renouvelables.

Hong-Kong StreetLes Philippines sont de loin les plus représentées. On en dénombre en effet près de 60% parmi les 250 000 femmes à tout faire présentes à Hong-Kong. Le dimanche, en général leur seul jour de congé, ces jeunes femmes se réunissent dans les parcs ou les lieux publics afin de profiter au mieux de leur temps en le partageant ensemble. La scène est très étonnante. Elles peuvent enfin se libérer de la pression première du langage et revenir à l’utilisation de leur langue maternelle. Il faut noter que la plupart de ces jeunes femmes arrivent à Hong-Kong sans connaître n’y l’anglais ni le cantonais, les deux langues les plus parlées sur le territoire, suivies du Mandarin réintégré dans les cursus scolaires depuis la rétrocession.

Tandis que les Indonésiennes ont jeté leur dévolu sur Victoria Park et les Népalaises sur le quartier de Tsim Sha Tsui, les Philippines, quand à elles, préfèrent envahir les trottoirs et les abords des grands axes modernes à Central. Elles passent la journée à discuter, à se coiffer les unes les autres, à déjeuner de pique-nique improvisé, à lire la Bible et à jouer aux cartes. Impossible de les rater si vous vous baladez du côté de Statue Square, de Exchange Square et sur la place face à l’immeuble de la HSBC.

Ce qui est le plus étonnant, c’est sans doute l’impression ressentie quand on assiste au spectacle de cesHong-Kong Street femmes libérées. Il faut dire que nombreuses sont celles qui rêvent de vivre ailleurs qu’aux Philippines où rien ne les attend et où la vie n’est faite que d’espoirs vains. Elles sont là, parlant comme on chante une comptine, se laissant aller à flotter au milieu des leurs tout en vibrant de ces rencontres fugitives. C’est la preuve qu’elles existent. Nous avons passé quelques heures à les observer dans Central et je ne saurais comment décrire cette démonstration de vie. Le contact de leurs mains avec la chevelure de leurs amies, le récit de leur semaine parfois difficile (25% des femmes à tout faire seraient victimes de viol ou d’abus physiques en tous genres), les chansons abandonnées aux bruits des passants indifférents... On les voit comme ces oiseaux en cage libérés qui s’envolent et déploient leurs ailes jusqu’à l’épuisement. Elles ne sont libérées que le temps d’une journée mais elles déploient en si peu de temps l’énergie qui nous demanderait une semaine.

Je ne saurais trop comment ne pas rendre la description futile.




Izo
 
Dancer


Au Japon, la fin de l'hiver est annoncée par une fête toute particulière appelée "setsubun". Elle est célébrée chaque année par les familles japonaises pour conjurer le mauvais sort. Ce jour-là vient enterriner le passage de l'hiver au printemps. OniCe mot tire son origine de la veille du premier jour des 24 divisions de l'année solaire appelée Setsu. Par la suite, le terme sera appliqué plus précisément au dernier jour du Setsu, le Daikan "大寒" (le grand froid) qui correspondait à la veille du Risshun "立春" (le premier jour du printemps). Le Risshun était aussi le jour où la Nouvelle Année était célébrée amenant le début du printemps dans son escarcelle. Depuis que la célébration traditionnelle de la Nouvelle Année et du Risshun ont disparu, Setsubun a été assimilé à ce rite de purification et d'exorcisme considéré comme essentiel à l'approche du semis.

La journée, les familles se rendent en général au temple Shinto ou Bouddhiste et prient les kamigami (les divinités). Ces dernières années, il est difficile d'apercevoir ce rite religieux dans la mesure où la pression professionnelle empêche les hommes de prendre congé de leurs affaires. Ce sont donc des vieillards qui déambulent, clopin-clopant, le long des avenues menant aux temples qui offrent ce spectacle traditonnel que j'attendais avec une certaine impatience.

Après le dîner, le chef de famille ferme toutes les fenêtres. Puis, accompagné de sa famille, ils se mettent à crier en choeur et avec entrain pour invoquer le bonheur et l'exhorter à entrer dans la maison : "福は内" (fuku wa uchi) qui signifie à peu de choses près "la fortune à l'intérieur". Tout en désirant le bonheur à gorge déployée, l'ensemble des membres de la famille jette des haricots blancs ou du soja. Setsubun-Nagano

Enfin, une fois chaque pièce gavée de "fuku wa uchi", le chef de famille ouvre une porte, jette les haricots blancs ou le soja et crie dans un effort qui semble vain au visiteur abasourdi "鬼は外" (oni wa soto), "dehors les démons" avant de refermer la porte pour ne pas laisser les démons revenir aussi promptement qu'ils sont partis.


Après le 豆まき, rite qui consiste à lancer les haricots blancs, la famille se rassemble dans la pièce principale de la maison et chacun mange sa part de haricots. Chacun mange habituellement un nombre équivalent à son âge tout en souhaitant bonheur, paix, santé et prospérité...

Cette fête traditionnelle semble avoir été importé de Chine au VIIIème siècle. A cette époque, elle avait pour nom "Tsuina". Les hommes chinois étaient vêtus de peaux d'ours et de masques. Ils prétendaient se débarrasser des démons à l'aide d'armes bien aiguisées. L'assimilation de Setsubun à ce rite très typique semble dater de l'ère Muromachi (1333-1568). Elle avait alors lieu à la Cour Impériale à la fin de l'année pour invectiver les démons à fuir et enrayer les épidémies.



Izo



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Diable
Galerie
Une dernière très cliché
 


Nagoya est une ville transparente.

Transparente et creuse.

Translucide.

Nue.

Elle n'a pas la beauté froide et architecturale de cette Kobe reconstruite ni le lourd passé de cette virulente Hiroshima. Pourtant Nagoya aussi faisait partie de ces villes totalement rasées, disparues sous les décombres et condamnées à l'oubli. Nagoya a elle aussi été entièrement reconstruite. Il y a une espèce de halo négatif qui enveloppe la ville, une lumière blanchâtre qui irrise ses rues larges et déshumanisées.

Elle ne possède pas non plus les vestiges de cette Kyoto que les américains ont épargnée pour des raisons évidentes ni la folie et l'effervescence qui caractérisent Osaka. Nagoya ne peut se vanter que d'un triste château qui ne conserve du passé qu'un visage extérieur. Il n'est pas même besoin d'aborder la question épineuse de l'effervescence... abandonnée par les artistes internationaux, délaissée par les expositions...

Les touristes ne voient pas Nagoya. Les livres n'en parlent pas, les photographes s'y morfondent. Vue par les autres japonais, c'est une fourmilière de paysans embourgeoisés qui sortent leur Vuitton en jogging et se teignent les cheveux en blond dès l'âge de 3 ans.

Cette inconnue japonaise qui mérite cette réputation à plus d'un titre cache malgré tout quelques merveilles. On les découvre au hasard des conversations, emporté par les souvenirs d'étudiants qui ne sont pas avares de surprises.

Hashi

Koi2

Cascades1

Cascades2

Cascades3

Ume2

Ume

Nous avons découvert ce petit paradis végétal à 日比野. Il s'agit d'un jardin japonais d'une redoutable beauté. Voilà plusieurs mois déjà que nous envisagions d'y aller. Ce week-end, il faisait vraiment froid à Nagoya et nous avons pensé que le moment était venu de nous y rendre. Nous pensions qu'un jour de froid, les gens rechigneraient à se balader. Arrivés sur place, perdus dans ce dédale de petites rues adjacentes aux grands carrefours, nous avons marché et marché jusqu'à enfin découvrir l'entrée discrète de ce jardin secret.

Hashi

Après avoir payé 200 pauvres yen, nous sommes véritablement entrés dans un espace privilégié. Ce n'était plus cette masse morte que représente habituellement Nagoya. Quelque chose semblait vivre au coeur de cette cité blanche en jachère. Loin les fumées des usines, loin les habitants nerveux à l'approche des grands magasins... le vent soufflait fort mais rien ne nous aurait empêcher de profiter de ce spectacle vivifiant.


On dit des jardins japonais que leur agencement en dit long sur le rang de la famille qui le possède. Participent à ce portrait indirect des propriétaires leurs aménagements, leur entretien, leur style... Bien que les jardins japonais aient beaucoup changé selon les époques, il n'en demeure pas moins qu'une atmosphère toute particulière s'en dégage toujours et vous emporte dans un imaginaire oublié de la ville.

Shirotori Teien n'est pas un jardin Zen où l'agencement des pierres et du sable sont les seules, et ô combien merveilleuses, grâces qui leur sont autorisées. Ici, on dénombre beaucoup de jardins d'ombre composés de végétaux persistants, de roches de granite, de petits ruisseaux et de cascades artificielles. Les ponts permettent aux insouciants de franchir les pièces d'eau, obstacles joliment agencés où se jouent des guerres fratricides de 鯉 (Koi).


La grande difficulté que représente le jardin japonais, c'est de réussir à imiter l'harmonie de la nature. Pour ce qui est des jardins d'ombre par exemple, il s'agit d'une composition minutieuse de petits et de grands arbres qui seront organisés de façon à rendre le paysage naturel, sans qu'on n'y soupçonne la main de l'homme. Si l'on parle d'ombre, c'est aussi parce qu'y sont installés des mousses, des fougères, des azalées, des bambous... Pour ajouter du caractère à cet aménagement subtil, quelques roches de granite, des reliefs, des plantules et, pour donner un cachet historique, des racines dépassant du sol, écorchées et sombres, sont ajoutés.

Une grande importance est aussi accordée aux saisons et il est nécessaire d'organiser le jardin japonais pour qu'il soit harmonieux à chaque moment de l'année. Les espaces où la neige se dépose, la qualité du sol que la pluie viendra colorer, séquences brunes ou jaunes, blanches ou noires, les promontoires où viendront se poser les oiseaux, les sculptures de roches et les compositions de galets où évolueront les Koi... tout est pensé, travaillé et habilement dissimulé.


Izo



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Ressource ambitieuse et admirable sur les Temples et Jardins Japonais
 



Gâteau



Le 3 mars est un jour particulièrement important dans le calendrier japonais. En effet, chaque année, les petites filles japonaises sont au centre de toutes les attentions et sont célébrées dans le cadre d'un festival qui envahit les vitrines et les espaces publicitaires. On appelle ce jour "Hina no Sekku" ou plus communément "Hina Matsuri" (le festival des poupées). Ce jour-là intervient aussi le "Momo no Sekku", le festival des pêchers en fleurs, l'un des événements les plus importants de la saison. Il s'agissait à l'origine d'une fête célébrée en Chine qui s'est exportée au Japon pendant la période d'Edo (du 17 au 19ème siècle) jusqu'à en devenir une coûtume très marquée culturellement.

Bien que les pêchers ne fleurissent qu'aux premiers jours d'avril, la fête reste cantonnée à ce 3 mars si symbolique. C'est surtout en raison du changement de calendrier qui n'a pas été suivi de la réorganisation des dates originelles. Pour en revenir au 雛まつり, il faut savoir que ce jour est synonyme de dépenses inhabituelles. Les jeunes couples se ruinent pour leur petite fille. Il faut dire que cette fête est d'une importance capitale aux yeux des grands-mères et grands-pères et rien n'est oublié. Les poupées sont sorties de leurs écrins de poussière et le tapis rouge est déroulé pour quelques jours.

Ce jour-là les familles se réunissent et souhaitent vivement que leur fille soit heureuse à l'avenir. Qu'est-ce qu'être heureuse ? C'est être bien mariée... Ce vieil adage aujourd'hui ridicule dans nos contrées européennes garde tout son sens ici. Il ne faut pas oublier que les filles sont encore destinées, pour nombre de leurs aïeuls, à devenir de bonnes femmes dévouées à leur mari et leurs enfants. Les tâches sont nombreuses, la peine est rude... Levées les premières, couchées les dernières, toujours prêtes, en toute circonstance disponibles et de bonne humeur. C'est une gageure que de dire que la vie d'une femme au foyer est rigoureuse au Japon. Evidemment les choses changent et cette existence jusqu'alors loin d'être enviable tend à se transformer.

Pour souhaiter tout le bonheur du monde à leur fille, les japonais mettent les petits plats dans les grands et ressortent des armoires bric-à-brac les jolies poupées que leurs parents leur ont transmises. Vous pouvez voir ci-dessous l'un des piédestaux du Musée National de Kyoto où sont exposés plusieurs dizaines d'objets en rapport avec le Hina Matsuri. Chaque année les expositions se multiplient aux quatre coins du Japon et les visiteurs sont toujours plus nombreux à venir admirer le travail d'orfèvre de certains artisans. Evidemment ces poupées ne sont pas destinées à un usage quotidien et ne sont pas du tout des jouets. Il s'agit de poupées de cérémonie et elles ne sont exposées que quelques jours par an avant d'être de nouveau enfermées dans leurs cartons. Les japonais en prennent grand soin et il n'est pas rare que certaines familles conservent les poupées plusieurs dizaines d'années avant de les transmettre à l'un de leurs enfants. On les place dans la meilleure pièce de la maison.

KNMHinaMatsuri

Je vous passerai la description minutieuse des poupées mais sachez malgré tout que les principales sont celles placées sur les marches les plus hautes. Il s'agit, pour la première marche, d'une représentation de l'Empeureur et de l'Impératrice, les Dairi-sama, tous deux vêtus de tenues de Cour en soie. Ils sont précédés par leurs deux conseillers, puis par trois kanjo (des courtisanes). Sur la quatrième marche, on retrouve 5 musiciens.

Les accessoires sont tout aussi importants que les poupées et certaines familles dépensent des fortunes pour se procurer ceux-ci. D'une manière générale, un ensemble pour le festival consiste en une quinzaines de poupées, toutes certies de vêtements traditionnels inspirés de la période Edo. Les arbres en fleurs que vous voyez sur la photo ci-dessus symbolisent un mariage heureux. Ils sont absolument nécessaires ce jour-là. Les fleurs représentent des caractéristiques féminines : la gentillesse, la maîtrise de soi et la tranquillité d'esprit.


Dernièrement la tendance est aux petits décors. La crise est partout... Les catalogues se sont cependant bien adaptés et proposent bien plus de coffrets simples, comprenant deux ou trois marches, voire une seule, à des prix abordables par tous. Pour parler vulgairement argent, un ensemble de poupées, l'empereur et l'impératrice ainsi que les accessoires qui les accompagnent nécessairement, vous en coûtera pas moins de 1000 E. Et je vous parle des présentations les moins chères...

Ce jour-là de nombreux temples sont entièrement recouverts de poupées. A l'intérieur, à l'extérieur, partout des poupées pour souhaiter les meilleurs augures lors du premier festival des filles juste nées. Ce premier festival est appelé "hatzu-zekku". Chaque poupée à une signification particulière. Ainsi le chat appelle la fortune et la prospérité et est souvent accôté à la caisse dans les restaurants et magasins. Le festival du Hina Matsuri est vraiment un grand événement culturel. La rareté des photos pour ce sujet s'explique par le manque de petites filles dans mon entourage. Il s'agit d'une fête familiale, privée... à laquelle ne participent que les proches.


Miniatures

A l'intérieur




Izo

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Autre site plus détaillé
Un site à voir absolument
A Day in Kokeshi Land
En savoir plus sur les poupées
Pour les fans d'折紙 (l'origami); voilà de quoi plier...

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